Le
"dragon de Komodo" est le plus grand varan au monde et ne se
trouve nulle part ailleurs. Il justifie souvent à lui seul une visite
dans cette région ; toutefois les raisons pour lesquelles l'Unesco a
choisi de classer en 1991 le Parc National de Komodo sur la liste du
patrimoine mondial
http://www.dinosoria.com/dragonkomodo.htm
http://www.mesvoyages.net/Pays/Indonesie/IndoKomodo.htm

A propos, où sommes-nous exactement ?
L'Indonésie est un archipel composé d'environs 17 000 îles (oui,
dix-sept mille ! Même si certaines sont à peine plus grosses que de
gros rochers) qui s'étend schématiquement d'Ouest en Est, de la Malaisie
jusqu'à la Papouasie Nouvelle Guinée. Nous sommes donc à l'extrême
Sud-Est de l'Asie, certaines îles indonésiennes n'étant finalement pas
bien loin du Nord de l'Australie. A l'Est des îles les plus célèbres du
pays (Sumatra, Java, Bali) se trouve Komodo, une île de taille infiniment
plus modeste et discrète sur les cartes (30 km de long environ), ainsi
que sa voisine légèrement plus petite Rinca. Ces deux îles ainsi que de
petits îlots avoisinants, constituent le Parc National de Komodo.

Comme si la présence du dragon de Komodo ne
suffisait pas à rendre l'endroit si particulier, un naturaliste du nom de
Wallace puis d'autres scientifiques ayant approfondi son travail ont déterminé
que la région constituait une sorte de zone frontière entre des espèces
d'animaux (oiseaux, reptiles, mammifères, etc.), séparant ainsi à
l'Ouest ceux dont les descendants sont asiatiques et à l'Est ceux
provenant d'Australie. Par exemple, les singes (qui n'existent pas en
Australie) sont absents des îles orientales de l'Indonésie alors qu'on
les retrouve plus à l'Ouest. Cette zone, nommée Wallacea, constitue bien
évidemment un lieu d'étude riche et passionnant pour quiconque souhaite
comprendre les évolutions et les migrations successives des animaux à
travers les époques de notre histoire.

A cet endroit de la planète, l'Océan Indien (au
Sud-Ouest) rejoint l'Océan Pacifique (au Nord-Est). Une accumulation de
paramètres tels que la différence de température entre ces deux masses
d'eau, l'addition de leurs marées respectives, l'étroitesse des passages
entre les nombreuses îles (qui accélère la vitesse de l'eau s'y
engouffrant) et la relative faible profondeur des eaux contribue à créer
dans la région des phénomènes stupéfiants tels que de très puissants
courants (y compris ascendants et descendants) et même des
tourbillons.

Outre les considérations géographiques, ce sont
bel et bien les conséquences biologiques qui nous intéressent dans notre
cadre. Les conditions créées sont idéales pour rassembler en ce lieu
une variété et une densité difficilement égalables d'espèces
sous-marines. La faible profondeur (et donc la pénétration de lumière)
favorise l'existence de corail, la proximité des profondeurs océaniques
amènent des animaux pélagiques (rappelons que les pélagiques, par
opposition aux animaux de récif, sont ceux qui parcourent les océans sur
de vastes distances tels que certains requins, thons, raies mantas, etc.),
et le fort mouvement des eaux apporte plancton et de façon générale une
nourriture riche et sans cesse renouvelée pour tous les animaux présents.

Le dragon de Komodo (Varanus komodoensis) n'est
pas seulement le plus grand varan qui soit ; il est également l'un
des reptiles les plus anciens puisque ses ancêtres directs étaient tout
simplement contemporains des dinosaures il y a plusieurs dizaines de
millions d'années (ère jurassique). Etudier et comprendre son évolution
à travers les âges et son adaptation aux conditions successives
(climatiques, géographiques, etc.) est évidemment source de riches
informations sur notre histoire et celle de l'évolution de l'espèce.

Les dragons peuvent atteindre jusqu'à trois mètres
de long et ont un régime alimentaire diversifié qui inclut rongeurs,
cochons sauvages, singes, buffles, chevaux ou encore cerfs (ces deux
derniers ayant été importés par les colons néerlandais puis se sont
adaptés aux conditions pour évoluer désormais ici comme des espèces
sauvages). Avec une vitesse de pointe de l'ordre de 18 km/h et une
intelligence qui d'après les spécialistes pourrait faire d'eux les
reptiles parmi les plus intelligents, il serait bien fâcheux de
sous-estimer le danger que peut représenter cet animal.

Le Parc National de Komodo a été créé, et par
la suite classé patrimoine mondial, pour protéger et conserver la
richesse des espèces vivantes de la région ainsi que pour favoriser les
recherches s'effectuant dans ces environnements si spécifiques et riches
d'enseignements.
