
Date d'inscription : 2005
Inscription de biens sur la Liste du patrimoine mondial en péril: 2005
Brève description
Les usines de Humberstone et Santa Laura représentent plus de 200 anciens sites d’extraction du salpêtre, où des ouvriers, venus du Chili, du Pérou et de Bolivie, vécurent dans des cités minières et forgèrent une culture pampina commune. Cette culture se manifeste dans la richesse de la langue, la créativité et les liens de solidarité, et surtout dans les luttes pionnières menées par les pampinos pour la justice sociale, luttes dont l’impact fut profond sur l’histoire sociale. Installés dans la Pampa désertique et reculée, l’un des déserts les plus arides du globe, des milliers de pampinos ont vécu et travaillé, à partir de 1880 et pendant plus de soixante ans, dans un environnement hostile pour exploiter le plus grand gisement de salpêtre du monde et produire le nitrate de soude, un engrais qui allait transformer le paysage agricole de l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que celui de l’Europe, tout en procurant de grandes richesses au Chili. A cause de la vulnérabilité des structures et de l’impact d’un tremblement de terre récent, le site a également été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril, afin de faciliter la mobilisation de ressources en faveur de sa conservation.
Menaces sur le bien :
Le principal problème qu’il convient de souligner est la nature extrêmement fragile des bâtiments. Comme pour la plupart des bâtiments miniers, ils ont été construits avec des matériaux locaux ; ce sont des constructions légères dont l’un entretien était régulier et qui pouvaient être modifiées pour s’adapter à tout changement de circonstances. À Humberstone et à Santa Laura, les matériaux de construction utilisés étaient le bois pour les structures, la tôle ondulée pour les toitures et quelques parois, et l’enduit. Pendant 40 ans, il n’y a eu aucun entretien et le vandalisme ainsi que des démantèlements ont causé des dommages. L’habillage en métal s’est corrodé et quelques éléments de structure ont été démontés. Quelques bâtiments, tels que celui de la lixiviation, risquent de s’effondrer d’un moment à l’autre s’ils ne sont pas consolidés.
La plus grande menace provient des pilleurs qui recherchent des matériaux réutilisables. À l’époque où les usines fermées étaient encore des propriétés privées, beaucoup de matériels ont été perdus. Les pilleurs recherchent toutes sortes de souvenirs sur les sites : du bois, des bouteilles, des pièces de monnaie, des bons d’achat. Bien que les pillages soient devenus plus rares, le bois de sapin Douglas est très prisé et, cette essence d’arbre étant désormais protégée aux États-Unis, les prix ont augmenté. Du bois du bâtiment de lixiviation a été pillé en 1999.
Bien que le site soit un désert extrêmement aride où il ne pleut quasiment pas, les vents chargés de sel provenant de l’océan entraînent la corrosion des tôles. Le vent affecte aussi les structures en bois : les bois peints sont recouvert d’une couche minérale protectrice apportée par le vent, tandis que les bois non traités, eux, sont érodés par le vent.
Justification d'inscription
: Le développement de l’industrie du salpêtre reflète l’association des connaissances, des compétences, de la technologie et de l’investissement financier de personnes venant d’horizons différents, notamment d’Amérique du Sud et d’Europe, que les circonstances ont amené à vivre ensemble. L’industrie du salpêtre devint un vaste lieu d’échange culturel où les idées étaient rapidement absorbées et exploitées. Les deux usines représentent ce processus.
: Les mines de salpêtre et les villes minières associées sont devenues des communautés urbaines très originales ayant leur propre langue, leur organisation, leurs coutumes ainsi que leurs expressions créatives, qui ont permis de diffuser un esprit d’entreprise lié à une technique. Les deux usines de salpêtre proposées pour inscription représentent cette culture unique.
Les mines de salpêtre du nord du Chili sont devenues le premier producteur de salpêtre naturel au monde ; elles ont transformé la Pampa et, indirectement, les terres agricoles qui ont bénéficié des engrais produits par les usines. Les deux usines de salpêtre représentent ce processus de transformation.